Les revenus des Bretons pendant la crise de 2009 : davantage de pauvreté et d’inégalités qu’avant mais moins qu’ailleurs - Publication INSEE


La crise de 2009 a touché avec plus d’acuité les populations aux revenus modestes. Ce constat se vérifie en Bretagne mais encore plus au niveau national. De ce fait, la Bretagne conforte, avec les Pays de la Loire, sa position de région la moins inégalitaire et la moins exposée à la pauvreté. Au niveau local, les grands pôles urbains, qui abritent les populations aux plus bas revenus, ont particulièrement souffert, tandis que les couronnes périurbaines et les pôles de taille moyenne ont mieux résisté.
Les revenus des Bretons pendant la crise de 2009 : davantage de pauvreté et d'inégalités qu'avant mais moins qu'ailleurs - Publication INSEE

Un article de Lucile Cros Octant Analyse n° 27 http://www.insee.fr/

Introduction

La crise actuelle a produit ses premiers effets visibles en 2009. Cette année-là, au niveau national, l’activité s’est contractée (− 2,7 % pour le PIB) et le chômage a augmenté passant de 7,4 % à 9,1 % de la population active. Globalement, les revenus des ménages ont moins progressé qu’ auparavant et le taux de pauvreté s’est élevé de 0,5 point, touchant 13,5 % de la population.

La Bretagne n’a pas échappé à ce contexte, la chute de l’activité s’accompagnant d’une perte de 18 000 emplois. Les revenus déclarés par les ménages bretons ont également moins progressé (+ 1,3 % par rapport à l’année précédente pour le revenu médian par Unité de Consommation contre + 3,4 % entre 2007 et 2008). Avec un revenu médian de 18 080 € en 2009, la Bretagne se classe au 7e rang des régions françaises (8e rang en 2008).

Le revenu des ménages les plus modestes diminue mais moins qu’au niveau national

Dans l’ensemble, cette crise est plus vivement ressentie par les ménages les plus modestes. Pour la première fois, la valeur du 1er décile, le seuil de revenus en-deçà duquel se trouvent les 10 % des ménages bretons les plus défavorisés, a diminué de 1 % après une augmentation de 3,3 % entre 2007 et 2008. Cette baisse est propre à cette catégorie de ménages car les seuils de revenus délimitant les autres franges de la population ont augmenté, moins cependant que l’année précédente.

Ce repli reste toutefois plus faible qu’au niveau national où il atteint 1,8 %. Il concerne quasiment tous les territoires, s’échelonnant de − 0,5 % en Auvergne à − 3,6 % dans le Nord-Pas-de-Calais. Quelques départements disséminés ici et là enregistrent toutefois une évolution positive mais ces augmentations sont très limitées, en deçà de 1 % sauf pour les départements de Corse, du Cantal et des Alpes-de-Haute-Provence.

La prise en compte des prestations sociales dans le revenu relativise légèrement ce constat. Un breton sur dix vit avec moins de 924 € par mois en 2009, prestations comprises, contre 929 € en 2008.

Bretagne et Pays de la Loire : les régions les moins exposées à la pauvreté et aux inégalités

Dans ce contexte difficile, le taux de pauvreté augmente sensiblement. En Bretagne, 11,2 % des personnes vivent sous le seuil de pauvreté en 2009, contre 10,8 % en 2008. Avec les Pays de la Loire et l’Alsace, la région reste cependant la moins exposée. De plus, la pauvreté y est moins intense dans la mesure où les ménages les plus modestes disposent souvent de revenus plus proches du seuil de pauvreté qu’ailleurs.

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Posté le mercredi 11 janvier 2012
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